MOT DE CIRCONCTANCE À L’OCCASION DE LA SORTIE OFFICIELLE DE L’APJD
Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de Missions Diplomatiques accrédités en République Démocratique du Congo,
Mesdames et Messieurs les Représentants Résidents des Organisations Internationales œuvrant en République Démocratique du Congo,
Monsieur le Président de la Commission Nationale des Droits de l'Homme (CNDH),
Monsieur le Secrétaire Général de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO),
Monsieur le Secrétaire Général aux Droits Humains,
Monsieur le Secrétaire Général à la Justice,
Monsieur le Gouverneur de la Ville-Province de Kinshasa,
Distingués invités, en vos titres, grades et qualités respectifs,
C’est avec un profond sentiment d’honneur et une haute conscience de nos responsabilités que je prends la parole en ce jour mémorable, qui marque la sortie officielle de l’Association Africaine pour la Paix, la Justice et le Développement (« APJD » en sigle). Notre organisation se consacre pleinement à la promotion, à la protection et à la défense des droits fondamentaux reconnus en République Démocratique du Congo.
À l’entame de mon propos, je tiens à vous souhaiter la plus cordiale bienvenue et à exprimer ma profonde gratitude à l’ensemble des hautes autorités et des participants ici réunis.
Malgré vos agendas particulièrement chargés, vous avez tenu à honorer de votre présence à cette cérémonie de lancement officiel. Votre participation témoigne de votre soutien indéfectible et de votre engagement constant en faveur de la cause des droits de l'homme et du bien-être de la population congolaise.
Permettez-moi également d’adresser mes sincères remerciements aux autorités de la République, tout particulièrement à Son Excellence Monsieur le Ministre des Droits Humains avec l’accompagnement se son secrétariat général, ainsi qu'à Son Excellence Monsieur le Ministre d'État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux.
Nous saluons leur diligence administrative qui a permis l’enregistrement de notre structure en qualité d'organisation non gouvernementale de défense des droits de l’homme œuvrant sur le territoire national.
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,
La présente cérémonie dépasse le cadre d’un simple événement protocolaire. Elle symbolise un engagement ferme et un acte de foi en la dignité humaine, la justice, l’égalité et l’État de droit. Cet avènement intervient dans un contexte national caractérisés par :
- Des violations récurrentes des droits humains,
- Des inégalités sociales profondes,
- L’accès encore limité à la justice pour les vulnérables,
- Des dysfonctionnements électoraux persistants ;
- Des conflits intercommunautaires liés à l’ignorance des droits par les communautés locales.
La création de l’APJD incarne ainsi un espoir renouvelé pour nos communautés.
Sur le plan légal, notre organisation a été constituée conformément à la Loi n° 004/2001 du 20 juillet 2001 portant dispositions générales applicables aux associations sans but lucratif et aux établissements d’utilité publique en République Démocratique du Congo.
L’Association Africaine pour la Paix, la Justice et le Développement se donne pour noble mission de porter la voix des victimes, de leur assurer un accompagnement juridique et social, de sensibiliser les citoyens à la connaissance de leurs droits et devoirs, et de concourir, par des actions pacifiques et constructives, à l’avènement d’une société plus équitable. Choisir le domaine des droits de l'homme est une exigence parfois complexe, mais fondamentalement vertueuse. C’est accepter de servir la justice avec abnégation, quelles que soient les embûches.
Notre champ d’action stratégique englobe la promotion des droits humains à travers plusieurs secteurs clés :
- Justice et État de droit par un accompagnement juridique et monitoring des cas de violation des droits humains ainsi qu’une documentation.
- Promotion et protection des droits par la sensibilisation de la population à la connaissance de leurs droits et le mécanisme de les défendre ;
- Sociaux-économiques : Promotion des droits à la santé, à l’éducation et au travail.
- Environnement et gouvernance : Surveillance de l'impact écologique et de la gestion des ressources naturelles.
- Processus électoraux : Sensibilisation au civisme électoral et observation des scrutins.
Ces axes d’intervention sont garantis par la Constitution de la République Démocratique du Congo ainsi que par les instruments juridiques régionaux et internationaux ratifiés par notre pays.
Bien que son siège soit à Kinshasa, l’APJD va déployer ses activités sur toute l’étendue du territoire national, avec la perspective d'étendre son action à d’autres États africains.
Mesdames et Messieurs,
Il me paraît opportun de lever ici toute équivoque quant à la perception du concept « ONG de défense des droits de l’homme ». Une telle organisation n’est ni une structure de l’opposition politique, ni un groupe de pression partisan.
L’APJD comme ONG de défense des droits, œuvre rigoureusement à :
- Identifier et documenter les cas de violation des droits de l’homme,
2. Formuler des rapports objectifs et des recommandations constructives,
- Collaborer techniquement avec le Gouvernement via les Ministère des Droits Humains et de la Justices ainsi que la CNDH pour faciliter la prise des décisions et des mesures idoines.
L’Association Africaine pour la Paix, la Justice et le Développement s'inscrit ici comme un partenaire institutionnel direct et un collaborateur technique de l'État en matière de droits humains. Aux termes de la doctrine internationale, l’expression « défenseur des droits humains » désigne toute personne qui, individuellement ou en association avec d’autres, œuvre de manière pacifique à la promotion et à la protection des libertés fondamentales.
Le défenseur des droits de l’homme exerce librement ses activités sur le territoire national, dans le strict respect des lois et règlements de la République. Cette liberté et cette responsabilité sont formellement garanties et encadrées par la Loi n° 23/027 du 15 juin 2023 relative à la protection et à la responsabilité du défenseur des droits de l’homme en République Démocratique du Congo.
Notre grille d'évaluation et d'intervention se focalisera sur l'ensemble des situations critiques, notamment :
- Les exécutions sommaires et la torture,
- Les arrestations et détentions arbitraires,
- Les violences basées sur le genre et les mutilations génitales,
- Les expulsions forcées et les conditions d'emploi précaires,
- L'impact environnemental d'une mauvaise gestion des ressources naturelles ;
Nous défendrons des droits aussi fondamentaux que le droit à la vie, à l’alimentation, à l’eau potable, à un logement convenable, à l’éducation, à la liberté de circulation, à la liberté d'expression et au civisme électoral. Une attention particulière sera accordée aux catégories de personnes vulnérables ou marginalisées ci-après :
- Les femmes et les enfants,
- Les peuples autochtones,
- Les réfugiés et les déplacés internes,
- Les personnes vivant avec un handicap et les minorités.
Ces droits sont-ils effectivement protégés ? Qui en sont les auteurs de violations ? Quelles sont les victimes et quels mécanismes permettent d'établir les responsabilités afin de leur garantir une réparation équitable ?
À toutes ces préoccupations légitimes, l’APJD s’efforcera d'apporter des réponses précises, grâce à des stratégies rigoureuses, des enquêtes de terrain objectives et des propositions de réformes adéquates.
Excellences,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,
La République Démocratique du Congo fait face actuellement à une crise sécuritaire et humanitaire sans précédent.
Dans la partie orientale du pays : Depuis près de trois décennies, cette région subit de multiples conflits armés aux conséquences humanitaires dramatiques, caractérisés par des massacres récurrents de populations civiles, des violences sexuelles massives basées sur le genre, le pillage organisé des ressources naturelles et la destruction des infrastructures socioéconomiques de base. Cette instabilité chronique fragilise l'autorité de l'État et le respect des droits humains.
Dans la partie Ouest du pays : La milice dénommée « Mobondo » sème la terreur depuis 2022 et propage l'insécurité jusqu'aux abords de la capitale Kinshasa, entraînant de graves violations des droits humains au sein des communautés locales avec plus de 5 mille morts et plusieurs personnes déplacées.
Afin de mettre un terme à ces atrocités, il s'avère impératif d'approfondir l'analyse des causes profondes de l’existence de ces rébellions à l'Est et de la milice Mobondo à l'Ouest du pays.
Comprendre leurs mécanismes, leurs revendications et leurs motivations est le préalable indispensable à la mise en place d'un processus de paix global et durable.
La paix et la sécurité constituent les piliers directeurs du développement ; il ne saurait y avoir de progrès économique et social sans stabilité durable. C’est pourquoi, l’heure est venue pour que les acteurs clés de cette crise humanitaire et sécuritaire disposent d'un cadre de réflexion stratégique dédié à la restauration de la paix en République Démocratique du Congo.
La promotion et la protection des droits de l’homme relèvent d'une responsabilité collective ; elles ne sauraient être l’apanage d’un seul acteur. C’est dans cet esprit que nous encourageons et soutenons formellement l’appel au Dialogue national inclusif lancé par le Chef de l’État.
Notre pays traverse depuis plusieurs décennies des crises politiques, sécuritaires, économiques et sociales complexes qui fragilisent la cohésion nationale, freinent l'élan de développement et compromettent l'avenir des générations futures. Face à cette réalité, il est devenu indispensable de privilégier la recherche de solutions consensuelles plutôt que la confrontation stérile. C'est dans cette perspective que l'APJD réaffirme son soutien à l'organisation du Dialogue national inclusif. Ce forum doit réunir :
- La Majorité au pouvoir,
- Les forces politiques de l’Opposition,
- La société civile et les confessions religieuses,
- Les mouvements de jeunes et de femmes,
- Les autorités coutumières et les représentants des communautés locales.
Les trois principaux axes pouvant garantir une paix durable s'articulent de la manière suivante
1. La gouvernance du processus électoral
Les crises électorales récurrentes demeurent l'une des principales sources de conflictualité en République Démocratique du Congo. Il est donc indispensable d'engager un débat de fond sur la gestion des scrutins afin de renforcer la transparence, l'indépendance des institutions électorales, la crédibilité des opérations et l'acceptation des résultats par toutes les parties prenantes. Des élections intègres constituent le fondement de la stabilité politique et de la paix durable.
Actuellement au sein de notre parlement, nous avons des députés élus, non pas par la volonté du peuple, souverain primaire, seule détenteur du pouvoir, mais par la volonté du législateur sur base du seuil électoral.
2. La gouvernance et la gestion des ressources naturelles
La RDC possède d'immenses richesses naturelles qui, malheureusement, n'ont pas encore produit les effets socioéconomiques attendus pour le bien-être des populations. L'exploitation du diamant, de l'or, du cobalt, du cuivre, du coltan et d'autres ressources stratégiques doit faire l'objet d'un audit et d'un débat national.
À titre d'exemple, le diamant a été extrait pendant plusieurs décennies sans générer d'investissements structurants ni d'infrastructures durables capables de bénéficier aux générations présentes et futures. Cette réalité appelle une réforme profonde de la gouvernance sectorielle pour faire de nos ressources le véritable moteur du développement national.
3. La consolidation de la paix et de la cohésion nationale
Le dialogue devra examiner de près les mécanismes de prévention des conflits, de réconciliation nationale, de justice transitionnelle et de renforcement du tissu social, afin de bâtir une paix durable fondée sur la justice, l'équité et le respect des droits de chacun.
Mesdames et Messieurs,
Notre démarche se veut rigoureuse, constructive et résolument patriotique. Elle vise à ouvrir un espace de concertation sincère où chaque congolais pourra apporter sa pierre à l’édifice. Pour matérialiser ce soutien à la dynamique prônée par le Chef de l’État, Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, un cahier de charges détaillé reprenant l'ensemble de nos analyses, recommandations et propositions concrètes sera officiellement déposé auprès de la médiation afin d'alimenter les travaux des commissions. Puisse ce dialogue être celui de l'espérance, de la responsabilité collective et de la refondation de notre Nation.
L’APJD s’érige comme une structure de neutralité, d’indépendance et d’intégrité. Elle œuvre dans le strict respect des lois de la République et des instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de l’homme.
Nous profitons de l’occasion pour vous informons qu'un bulletin hebdomadaire sur la situation des droits de l’homme sera publié régulièrement et téléchargeable sur notre site internet officiel : www.apjd-rdc.org.
Mesdames et Messieurs
Connaitre ses droits, les faire respecter et défendre ceux qui ne peuvent pas se défendre ; telle est notre responsabilité collective.
Que vive la République démocratique du Congo ;
Que vive les droits humains ;
Que vive l’Association Africaine pour la paix, la justice et le développement.
Je vous remercie !
Pour toute collaboration ou information complémentaire, vous pouvez nous contacter via nos canaux officiels :
Téléphone : +243 815728833
E-mail : ongdhapjd@gmail.com ou contact@apjd-rdc.org
Siège social : Avenue de la Plaine n°5, Quartier Masiala, Commune de Limete, Kinshasa (RDC).
Maître Barthélemy NGWANGU
Coordonnateur National


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